Avec Mike Eland, son dernier époux…

Festival Cannes 1965

Cannes

Clichés réalisés lors du Festival de Cannes en mai 1965.

 

Méconnaissable Martine !

… avec sa perruque brune. La voici en compagnie de son dernier mari, Mike Eland, dans sa propriété de Grasse. Cliché réalisé le 31 juillet 1966.

MC1966

Une étoile inoubliable !

Une étoile inoubliable !

 » Evoquer la carrière de Martine Carol équivaut à retracer l’ascension d’une comédienne à l’orée de la seconde guerre mondiale… «  écrit André-Charles Cohen dans son magnifique ouvrage consacré à l’actrice.

Martine Carol, de son vrai nom Marie-Louise Mourer, naît dans la ville de Saint-Mandé, dans le département du Val-de-Marne, le 16 mai de l’année 1920. Après une enfance sans histoire, elle rencontre le comédien André Luguet qui lui conseille de faire du théâtre. Elle s’inscrit donc au Cours René Simon et se présente à Gaston Baty, directeur du Théâtre Montparnasse qui l’engage dans  » Phèdre « . Elle prend alors le pseudonyme de  » Maryse Arley « . Elle jouera également dans  » La mégère apprivoisée  » et  » Les caprices de Marianne « , pièces bien oubliées aujourd’hui…

Martine ou plutôt Maryse sera remarquée par Henri-Georges Clouzot qui l’engage pour son prochain film  » La Chatte  » d’après un roman de Colette. Mais le projet avorte et le tournage n’a finalement pas lieu. Quelque temps après c’est Richard Pottier qui la retient pour  » La Ferme aux loups « . Elle y joue le rôle de Micky, une jeune journaliste, aux côtés de François Périer et de Paul Meurisse.
A l ‘initiative de François Périer, Maryse se trouve un autre nom d’acteur : ce sera  » Martine Carol « .  » La Ferme aux loups  » tournée en 1943 marque le début d’une longue carrière pour Martine. Les producteurs et metteurs en scène remarquent sa beauté et son aisance devant la caméra. Martine change aussi de look : elle se fait retoucher le nez puis change la couleur de ses cheveux : elle sera blonde désormais. Elle soigne particulièrement son maquillage.

A la fin de la guerre, après  » Bifur III « , Martine Carol signe son troisième contrat ; dans  » L’extravagante mission  » (1945) d’Henri Calef. Ses partenaires sont Henri Grisol, Simone Valère, Jean Tissier et Denise Grey. Elle commence à percevoir des cachets non négligeables et s’installe au 56, rue de Monceau dans le huitième arrondissement de Paris.

A la fin des années quarante, nous retrouvons Martine au Théâtre de la Renaissance dans  » La Route au tabac  » au côté de Charles Moulin. Une véritable épreuve pour elle : Martine est frappée tous les soirs par son partenaire pour les besoins de la pièce… Elle rentre chez elle exténuée. A la même époque son cœur chavire pour le beau Georges Marchal, mais ce dernier est déjà fiancé à Dany Robin. Après une histoire assez courte, l’acteur annonce que tout est fini avec elle. Le choc est trop fort pour Martine : un soir après le théâtre, dans un désarroi extrême et après avoir absorbé un médicament contenant des amphétamines et de l’alcool, elle se fait conduire au Pont de l’Alma et se jette dans la Seine. L’endroit n’est pas choisi au hasard : Georges Marchal demeurant alors tout près, rue Foucault. Heureusement Martine est sauvée par le chauffeur de taxi qui l’a accompagné jusque là : ce dernier la conduit aux urgences du plus proche hôpital. La presse de l’époque l’accusera d’avoir monté de toutes pièces ce suicide manqué. Toujours est-il que la jeune actrice après cet événement est plus célèbre que jamais. Elle connaît un regain de popularité : tous les soirs le Théâtre de la Renaissance ne désemplit pas. Tout le monde se presse afin de voir cette si jolie fille qui a voulu mourir. A la même période Martine tourne  » Miroir  » avec un géant du cinéma français : Jean Gabin. C’est leur première rencontre. Ils se retrouveront quelques années plus tard sur le plateau du  » Cave se rebiffe « . En 1948, Martine épouse l’américain Steve Crane, mais lasse de devoir faire sans cesse des allers et retours entre les Etats-Unis et la France elle divorce en 1953.

Sa carrière se poursuit. Il faut d’ailleurs noter à propos de cette dernière qu’en 1950 elle tourne un de ses  » films-fétiches  » :  » Caroline chérie  » d’après le roman de Cécil Saint-Laurent (alias Jacques Laurent). Si le livre du jeune romancier fut un best-seller le film qui s’ensuivit fut un immense succès. Pour Georges Debot, qui a bien connu l’actrice,  » la carrière de Martine peut se diviser en deux périodes : avant  » Caroline chérie  » et après  » Caroline chérie « . Avant, elle a beaucoup de difficultés à se faire accepter autrement que sous une forme de délicieuse image pour calendrier. Elle illustre éloquemment la définition de la pin-up, cette fille que l’on épingle au mur en effigie et que l’on contemple les jours moroses pour se faire rêver. Après, elle peut prétendre  » interpréter  » des rôles, on l’accepte plus facilement. Cependant, Martine Carol, c’est autre chose qu’une jolie figure au-dessus d’un joli corps « . 

Mais revenons à cette année 1953, celle de son divorce avec Steve Crane. Malgré cet échec conjugal elle s’étourdit de travail. Cette même année elle tourne  » La Pensionnaire  » (aux côtés de Ralf Vallone), puis  » Lysistrata  » un épisode de  » Destinées  » de Christian-Jaque. Puis c’est  » Secrets d’alcôve  »  » de Jean Delannoy, aux côtés de Bernard Blier. En 1954, elle joue dans l’éclatante  » Madame du Barry  » toujours de Christian-Jaque et  » Nana  » du même metteur en scène d’après l’œuvre d’Emile Zola. Christian-Jaque, omniprésent, devient son mari le 15 juillet 1954. Martine tourne en 1955  » Lola Montès  » de Max Ophüls, à notre avis un des films les plus beaux de l’actrice.
Georges Debot écrira à propos de Christian-Jaque que  » lui seul a réussi à lui donner cet équilibre, cette stabilité, qui lui ont fait défaut jusque-là et qu’elle reperdra par la suite dès qu’ils seront séparés « . Elle tournera sous sa direction  » Nathalie  » (1957).

Martine part pour Tahiti afin de tourner  » Le Passager clandestin  » de Ralph Habib d’après un roman de Georges Simenon. Puis en 1958, nous la retrouvons à Berlin pour le tournage de  » Tout près de Satan  » de Robert Aldrich. Son mariage avec Christian-Jaque n’est plus au beau fixe. Pris l’un et l’autre par leur activités professionnelles, ils n’ont que trop peu d’occasions afin de se retrouver. En 1959, lors d’un voyage à la Martinique, elle rencontre André Rouveix, un séduisant médecin de Fort-de-France. Il se marient à Haiti le 3 août 1959. Puis Martine reprend sa carrière : c’est le tournage de  » Austerlitz  » d’Abel Gance ; elle y incarne une Joséphine impératrice plus vrai que nature aux côtés de Pierre Mondy (en Napoléon). En 1960, c’est  » Un soir sur la plage « , où nous la retrouvons bouleversante, pleine de maturité aux côtés de Jean Desailly. En 1961, c’est  » Vanina Vanini  » d’après Stendhal, réalisé par Roberto Rosselini, puis  » Le Cave se rebiffe « ,de Gilles Grangier plus accessible, avec Jean Gabin et Maurice Biraud. En 1961 Martine Carol tourne un film de Georges Lautner :  » En plein cirage « . 

L’année 1962 voit la fin de son mariage avec le Docteur Rouveix : ils divorcent le 23 juin. Martine se réfugie alors à  » La Ferme Saint-Jean  » sa propriété de Magagnoscq, près de Grasse. Recluse, déprimée, elle ne répond même plus aux propositions des producteurs. Un gentleman vient pourtant frapper à la porte de cet exil : c’est Mike Eland, un homme d’affaires anglais, ami de son premier mari Steve Crane. Il lui fera une cour discrète mais assidue.  » Elle aime qu’on l’aime  » comme l’écrit si joliment Georges Debot. Eland sera celui qui la fera revivre. Ils se marient et mènent une vie très confortable à Londres.

Jusqu’à ce jour du 6 février 1967…

Martine et son nouveau mari sont invités à Monaco à un grand gala. Elle occupe la suite 8555 de l’Hôtel de Paris. Lors de la première partie de la soirée, ils dînent avec des amis, tout se passe pour le mieux ; après le repas, Martine doit assister à la représentation d’un film, mais elle se sent fatiguée et préfère rentrer seule à l’hôtel. Elle engage Mike à poursuivre la soirée auprès de leurs amis. De retour dans sa chambre, Martine cherche le sommeil. En vain. Son mari lui téléphone, la rassure : elle peut dormir sans l’aide des médicaments habituels. Néanmoins il donne des consignes au concierge de l’hôtel : si jamais besoin est ce dernier enverra un médecin à Martine. Mike informe cette dernière de ces dispositions. Peu de temps après, le concierge appelle un médecin qui fait une piqûre à Martine à 23 heures.

Mike Eland est de retour vers 2 heures 30 du matin. Il découvre Martine inanimée dans la salle de bain: elle a succombée à un arrêt cardiaque.

Après une cérémonie à Paris, au cimetière du Père-Lachaise, le corps de Martine repart pour le Sud. Elle repose désormais au cimetière de Cannes.

 

 

Sur le tournage du film « L’Enfer est vide » (« Hell is empty »).

Sur le tournage du film

Ultime film dans lequel tourna Martine. Tournage interrompu par sa disparition en 1967. Achevé par la suite. On ne sait pas grand’chose de cette réalisation.

Son mari, Mike Eland, figurait parmi les producteurs. 

Martine Carol est morte d’avoir été…

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Après avoir été célèbre pour sa beauté, Martine Carol était tombée dans l’oubli, devenue « has been », qui s’est perdu dans les extravagances afin de faire encore parler d’elle. Fait un parallèle avec la carrière pleine de deux avocats qui viennent de mou
La mort vient de frapper trois fois au cœur. Pierre Stibbe, 54 ans, et René-William Thorp, 68 ans, avocats parisiens renommés, se sont successivement effondrés en plein prétoire. Ils étaient l’un et l’autre surmenés.
Martine Carol, 46 ans, les a suivis de quelques heures. Son mari, Mike Eland, l’a trouvée étendue sur le sol de la salle de bains, dans « l’appartement des rois » qu’elle occupait à l’Hôtel de Paris, à Monte-Carlo. Pierre Stibbe et René-William Thorp avaient derrière eux une vie d’homme, pleine, riche, généreuse, abrégée trop tôt certes, mais éclairée par un idéal qu’ils surent l’un et l’autre ne jamais trahir. C’est une funèbre coïncidence qui mêle aujourd’hui leur nom à celui d’une femme-symbole d’une certaine misère morale ourlée de vison et cloutée de diamants.
Un type. Elle était belle, elle était bien brave, elle fut célèbre après y avoir mis beaucoup de persévérance, et elle cessa de l’être parce qu’elle représentait un type de femme — la petite femme, gentille et pas compliquée — démodé. Démodé par Brigitte Bardot, qui l’écarta de quelques coups de reins. Adulée, Martine Carol ne comprit pas ce qui lui arrivait quand les photographes cessèrent de la poursuivre, quand les journalistes cessèrent de l’interroger, quand les producteurs cessèrent de la solliciter. Et elle devint ce que les Américains appellent cruellement un « has-been ». Quelqu’un qui « a été ».
Ce fut d’abord de l’étonnement, puis de la rage, puis une jalousie qui la dévora et la poussa à toutes les extravagances. Pour rien. Pour faire parler d’elle. Et parfois, on en parlait. Mais les jeunes gens disaient : « Martine Carol, qui est-ce ? » Et leurs pères s’attendrissaient parfois, comme au souvenir d’une aimable petite amie gourmande et menteuse dont on se dit : « Tiens oui, au fait, qu’est-ce qu’elle est devenue ? »
Elle était devenue folle de ne pas comprendre, d’errer d’homme en homme, de mari en mari. Pauvre Martine Carol, si surprise que l’on puisse être malheureuse en Rolls et dédaignée quand on a un si joli décolleté. Car elle n’avait rien perdu de sa beauté, sinon l’éclat que donne le succès. Et elle ne manquait de rien, car cette petite femme était aussi économe.
Un conte. Alors, ce fut le trajet classique où l’on engloutit dans les somnifères la peur d’avoir à vivre comme une grande personne. Mais tout peut toujours arriver aux femmes, y compris de rencontrer, comme dans les contes de la presse du cœur, l’homme jeune, beau, amoureux et riche qui met son nom, son cœur et sa fortune à vos pieds. Il lui allait comme un gant, ce conte pour midinette. « Des midinettes qui s’admirent entre elles », disait Jean Cocteau en parlant des vedettes de l’écran.
Mais être milliardaire à Londres, ce n’est pas être étoile à Paris. Et à quoi bon montrer ses bijoux quand il n’y a personne pour les envier ? Cette célébrité qu’elle cherchait éperdument à retrouver, l’homme qui l’aimait ne pouvait pas la lui donner. Il pouvait seulement essayer.
Dans le décor baroque de Monte-Carlo, la mort est entrée alors qu’il lui achetait une maison à Saint-Tropez. Plus belle, il l’avait promis, plus belle que celle de Brigitte Bardot.
Les cœurs qui cèdent ne s’usent pas toujours aux mêmes arêtes. Pierre Stibbe et René-William Thorp ont usé le leur à aimer leur prochain. Martine Carol à vouloir qu’on l’aime.

 

Françoise GIROUD

Article publié le 13 février 1967 dans un magazine non-identifié (« LExpress  » ?)

Source: http://www.francoisegiroud.fr/archives/martine-carol-est-morte-davoir-%C3%A9t%C3%A9

 

 

Chez « Maxim’s » lors d’une soirée (28 janvier 1965).

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Martine Carol est avec son dernier époux, Mike Eland.

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Bonne année 2019 !

MC2 recto

MC2 verso

Je vous présente  tous mes vœux les meilleurs pour cette nouvelle année. J’en profite pour vous remercier de votre fidélité à mon blog, créé il y a tout juste un an !

Voici deux cartes de vœux adressées par Martine CAROL à l’actrice Marcelle DERRIEN (1916-2008).Une des deux cartes porte la signature de Mike ELAND, dernier époux de Martine. Je pense qu’elles datent des années 1966/1967. Sur la première carte, on peut voir Martine  sur la place Vendôme (comportant ses illuminations de Noël) et dans un coupé Jaguar, (conduite à droite ?) comportant la lettre « M » [Martine] sur la portière. Sur la seconde c’est son fidèle petit chien « Dingo » qui est en illustration

CV1 recto

MC1 verso

Avec Mike Eland, son mari. Ce cliché pourrait dater de 1966 ou de 1967.

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